5 leviers pour une équipe performante et inclusive

mai 2025Accompagnement

Une équipe performante n’est pas seulement celle qui rassemble les meilleurs experts techniques ou celle qui adopte les outils les plus innovants.
Elle est d’abord composée de personnes qui savent s’écouter, s’adapter et collaborer intelligemment.

Le projet Aristote mené par Google l’a d’ailleurs souligné : la qualité des interactions humaines est le facteur numéro 1 de performance durable. Autrement dit, la clé ne réside pas uniquement dans le “quoi” et les compétences techniques, mais dans le “comment” c’est-à-dire : les relations, la dynamique collective et la sécurité psychologique.

Ce qui fait la force d’une équipe, ce n’est pas la somme des expertises techniques.
C’est la qualité du lien entre ses membres.

Lien

Depuis près de 20 ans, j’accompagne des équipes en transformation. Et à chaque fois, je fais le même constat : ce qui distingue les équipes performantes, c’est leur capacité à traverser les tensions, à inclure une diversité de profils et à s’ajuster en continu.

Pas besoin de super-pouvoirs. Mais d’une maturité trop souvent négligée en entreprise : la capacité à faire preuve d’intelligence émotionnelle. Une intelligence humaine, fine et vivante — au-delà du simple “travail en équipe” ou de la fameuse « intelligence collective ».

Dans cet article, je vous partage cinq leviers concrets, issus de mon expérience de terrain, pour faire émerger des équipes performantes et inclusives à la fois.

Au programme :

1️. Cultiver une écoute active pour une équipe performante

› Renforcer le lien pour éviter les mal-entendus

› L’ecoute active : mise en pratique

2. Déconstruire les biais cognitifs

3. Gérer les émotions pour une équipe performante

4. Valoriser tous les talents et les types de profils

5. Feedback continu : le secret d’une équipe performante

6. Le mot de la fin

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1. Cultiver l’écoute active pour une équipe performante

Renforcer les liens pour éviter les malentendus

Une équipe performante se distingue d’abord par sa capacité à s’écouter.
Faire preuve d’écoute active permet de renforcer les liens et d’éviter les malentendus.

“ Il y a beaucoup de mal-entendus, car il y a beaucoup de mal-écoutés.”

Thomas d'Asembourg

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L’écoute active va au-delà du simple fait d’entendre. C’est une posture.
Elle vise à comprendre l’autre, à explorer ses idées ou sa problématique, sans chercher à trouver une solution ou une réponse. Ce type d’échange crée un climat de confiance et fait émerger une collaboration de qualité. Il favorise naturellement la sécurité psychologique.

Et cette qualité d’écoute valorise chaque membre et fluidifie la coopération. C’est ce qui fait toute la différence pour construire une équipe performante et inclusive. 

› L’ecoute active : mise en pratique

    Si l’écoute active est une posture, elle aussi une démarche volontaire et peut s’appuyer sur des méthodes et des astuces. En voici quelques-unes.
  • Reformulez les propos de l’autre avant de réagir. Cela montre que vous avez bien entendu et compris… ou permet de compléter voire corriger votre perception.
  • Posez des questions ouvertes pour explorer des idées, par exemple : « Comment envisages-tu cette solution ? », « Qu’est ce qu’il manque selon toi » ? Qu’est-ce qui pourrait améliorer ce point ? » Combien de fois cela est-il arrivé ? « Qu’as-tu déjà essayé ? »
  • Instaurer des tours de parole : En collectif, la régulation de la parole peut parfois être nécessaire pour permettre à chaque personne de s’exprimer sans se sentir oppressé ou interrompu.
  • Accordez plus de temps aux plus introvertis. Elles et Ils ont souvent des idées précieuses mais ont besoin d’espace pour oser s’exprimer, surtout quand les discussions sont animées.
  • Respectez le silence : c’est aussi une forme de communication. Il ouvre un espace d’expression et de réflexion.

Dans une équipe,
chaque voix compte,
même les plus discrètes.

Développer une écoute active permet d’éviter les malentendus, mais aussi de renforcer la collaboration. Une équipe performante entend tous les points de vue, y compris les plus discrets.
Pour favoriser le dialogue, reformulez les propos d’un collaborateur avant de répondre, ou posez des questions ouvertes plutôt que d’imposer une vision.
En collectif, vous pouvez instaurer des tours de table permettant à chaque personne de prendre la parole. 

2. Déconstruire les biais inconscients

Identifier les automatismes

Une équipe performante sait remettre en question ses fonctionnements automatiques. Et cela commence par identifier ses biais cognitifs.

Nos cerveaux vont vite. Trop vite parfois.
Sans en avoir conscience, nous filtrons les informations.
Nous privilégions ce qui nous rassure.

Le biais d’affinité, par exemple, nous pousse à faire davantage confiance à ceux qui nous ressemblent. Cela limite la diversité, freine l’innovation et crée des zones d’exclusion.
Autre automatisme courant : le biais de confirmation. Il nous pousse à ne voir que ce qui confirme ce que nous pensons déjà et nous empêchent d’entrevoir des perspectives différentes voire opposées.

culture et ouverture

Comment aller au-delà ?
En cultivant l’ouverture.

Encouragez par exemple le rôle de « devil’s advocate », littéralement « l’avocat du diable » lors de réunion de brainstorming ou de retour d’expérience. Un membre de l’équipe adopte volontairement un point de vue opposé.
Cette pratique élargit le champ des possibles et crée un espace de discussion plus riche.

› Questionner les choix collectifs : comment faire ?

Pour construire une équipe performante durablement, il est essentiel de remettre régulièrement en question ses certitudes. La démarche favorise l’inclusion de tous les points de vue, stimule la créativité et renforce l’intelligence collective.

Vous pouvez utiliser l’émergence de points de vue divergents comme une opportunité de réfléchir et de fiabiliser le résultat final.

Au fur et à mesure de la construction de la solution, posez des questions comme  : 
Et si on avait tort ?”,
« Si ça ne marche pas, quel est l’impact? »
ou
Quel angle on n’a pas encore envisagé ?”

Si vous êtes adapte d’une démarche un peu décalée, n’hésitez pas à vous inspirez en totalité ou partiellement de la méthode des 6 chapeaux de Bono. Sur une utilisation partielle, vous pouvez utiliser uniquement un chapeau noir « tournant » entre les membres d’une réunion.

Le chapeau noir autorise le porteur à s’indigner en insistant sur les dangers et les risques, il doit pousser à la prudence. Sa réflexion, toujours logique, aide à repérer les éventuels freins et obstacles. Il joue « l’avocat du diable » pour faire émerger les avantages et inconvénients d’une solution.

Dans la méthode des chapeaux de Bono, la réflexion apportée par le chapeau noir aide à repérer les éventuels freins, risques ou obstacles.

chapeau noir

Nos biais cognitifs influencent inconsciemment nos perceptions. Le biais d’affinité nous fait privilégier ceux qui nous ressemblent, réduisant ainsi la diversité et l’innovation. Le biais de confirmation renforce nos croyances et nous ferme aux perspectives opposées.

 

Pour les repérer, formez vos équipes à repérer les biais cognitifs les plus fréquents, ou encouragez le rôle de « devil’s advocate » : encourager un membre de l’équipe à défendre une vision contraire pour élargir le champ des possibles

3. Gérer les émotions d’une équipe performante

Comprendre et canaliser les émotions

Une équipe performante sait gérer ses émotions.
Pas pour les réprimer, mais pour mieux les comprendre et les canaliser.

Les émotions ont un impact direct sur la performance collective.
Trop souvent sous-estimées, elles sont pourtant automatiques et se trouve à la source de nos comportements, décisions… et parfois des tensions.

Un stress mal exprimé ? Un désaccord mal digéré ?
Ce sont des tensions invisibles qui freinent l’énergie du groupe.

À l’inverse, une régulation émotionnelle bien menée favorise l’apaisement, la confiance, et la coopération. La Communication Non Violente (CNV) est un excellent outil à pratiquer : elle aide à poser des mots justes sur les ressentis, tout en restant ancré dans les faits.

› Gérer les émotions : conseils pratiques

La gestion des émotions est une compétence clé pour un collectif aligné et durable. Elle invite à moins de tensions et a plus de clarté relationnelle.

Voici quelques idées pour entretenir cette compétence.

  • En début de réunion d’équipe, prenez le temps parfois d’une “météo émotionnelle”.
  • Créez un climat où l’émotion est accueillie comme une information dont le partage est un cadeau.
  • En cas de conflit, commencez par exprimer votre propre ressenti. Ne parler que soi en utilisant le « Je », plutôt que de formuler un jugement ou une interprétation à la place de l’autre.
  • Encouragez l’utilisation de la méthode « OSBD » issue des pratiques de communication non violente pour exprimer un désaccord
    > O : Observation des Faits,
    > S : Sentiment avec l’expression de son propre ressenti
    > B : Quel est le Besoin non respecté pour la personne
    > D : Exprimer une Demande dans l’idée de négocier un compromis plus acceptable.
  • Formez vos équipes à décoder les signaux faibles (soupirs, silences, tensions corporelles…), à la Communication Assertive ou la Communication Non Violente (CNV).

Les émotions influencent directement la performance d’une équipe. Une régulation émotionnelle efficace permet de réduire les tensions et le stress, et favorise une meilleure collaboration.

En cas de conflit, adopter une approche de Communication Non Violente (CNV) permet de recentrer sur les faits tout en exprimant ses ressentis de manière constructive.

Former vos leaders et collaborateurs à repérer les indicateurs émotionnels renforce l’engagement et la performance collective.

4. Valoriser tous les talents et types de profils

› Reconnaitre l’apport de chaque membre.

Une équipe performante, c’est une équipe équilibrée.
Elle s’appuie sur la diversité des profils, pas seulement sur les plus visibles.
Les extravertis comme les introvertis, les juniors comme les experts, les créatifs comme les analystes : chaque personne a un apport unique pour l’équipe.

Trop souvent, certains talents restent sous-exploités. Non pas par manque de compétences, mais faute d’espace pour s’exprimer. Déléguer un projet ciblé peut révéler un potentiel inattendu.

Valoriser un collaborateur
ne consiste pas à le flatter,
mais à reconnaitre ce qu’il a réellement apporté.

Oubliez les retours vagues, voire impersonnels du type « super, bon travail ! », « good job! »
Préférez des feedbacks concrets et situés, par exemple :
« Ta présentation a clarifié les enjeux pour tout le monde »,
« Ta rigueur dans l’analyse de ce projet a permis de lever un risque critique ».

Ce type de feedback demande de réfléchir à la vraie valeur du travail réalisé par ce membre de l’équipe. Cet exercice peut être difficile surtout quand on ne l’a jamais pratiqué. La bonne nouvelle c’est que vous pouvez prendre le temps de la réflexion pour bien poser votre pensée.

› Actions concrètes pour valoriser chaque talent.

Une équipe performante ne se construit pas uniquement autour des membres les plus visibles ou les plus affirmés.

Elle s’appuie sur la richesse de tous les profils, y compris ceux qui s’expriment peu ou occupent un rôle discret. Favoriser cette intelligence collective permet à l’équipe d’être plus inclusive, plus agile, mais aussi plus innovante.

Voici quelques pistes simples et puissantes pour activer cette dynamique au quotidien :

  • Faites de la place à ceux qui parlent peu. Invitez-les à s’exprimer dans des formats qui leur conviennent, sans les forcer.

  • Déléguez selon les talents, pas juste les titres. Regardez ce que chacun sait faire naturellement, au-delà de sa fiche de poste. 

  • Remplacez les étiquettes par des faits. Oubliez les “timide”, “junior” ou “effacé” : observez, écoutez, et trouvez ce que chacun apporte vraiment.

  • Variez les formes de contribution. Proposez des alternatives à l’oral dominant : visuel, écrit, démonstration concrète… pour s’adapter aux préférences de chacun.e.

  • Créez des binômes mixtes et apprenants. Associez un junior et un senior, un introverti et un extraverti. Le mentorat croisé crée un vrai terrain d’échange et d’apprentissage mutuel.

Une équipe performante, c’est le juste équilibre entre profils techniques et créatifs, discrets et affirmés, expérimentés et novices.
Encore faut-il que chacun trouve sa place et puisse contribuer à sa manière.

Identifier les talents sous-utilisés, déléguer avec justesse, créer des binômes apprenants… tout cela ne suffit pas sans un ingrédient clé : le feedback.

Mais attention, pas le feedback formaté en entretien annuel.
Un feedback vivant, régulier, qui fait grandir.
C’est justement notre prochain levier.

5. Feedback continu : le secret d’une équipe performante

Une équipe performante ne craint pas l’échec, elle en fait un moteur d’amélioration.

Instaurer une culture du retour d’expérience, c’est offrir à chacun un espace de progression. Ce n’est pas un “moment RH” figé, mais un levier quotidien de collaboration.

Le feedback continu permet d’ajuster les pratiques, renforcer la cohésion et viser l’excellence collective. Mené comme un rituel fréquent par tout l’équipe, il favorise la responsabilisation, la transparence et la confiance de chaque membre.

👉 Conseils pratiques :

Le feedback continu fait grandir chaque personne au sein de l’équipe et renforce l’efficacité collective. Il transforme l’équipe performante en équipe apprenante dans la durée.

• Planifiez des temps réguliers de feedback (hebdo, mensuel, post-projet).
• Privilégiez des retours factuels, orientés solution.
• Donnez du feedback en “sandwich” : point positif – axe d’amélioration – encouragement.
• Valorisez les enseignements issus des erreurs : ce sont des ressources, pas des fautes.
• Demandez aussi du feedback à vos équipes : “Qu’est-ce que je peux améliorer ?”

Les équipes performantes ne redoutent pas l’échec, elles en tirent des leçons. Une culture du feedback continu permet d’ajuster les pratiques pour viser l’excellence. Instaurez des rituels réguliers pour permettre la prise de recul et les feedbacks constructifs.

Valorisez les apprentissages issus des erreurs pour soutenir la confiance et l’innovation.

Demandez également des retours à vos collaborateurs pour améliorer vos approches. 

Le mot de la fin

Je suis convaincue que le socle d’une équipe performante réside dans la maturité émotionnelle de chacun de ses membres. Cultiver l’intelligence émotionnelle au sein de ses équipes, c’est choisir une performance durable et humaine.

Écoute, reconnaissance, feedback : chaque geste compte pour construire une équipe performante.

Le leadership d’aujourd’hui ne se mesure plus seulement à l’expertise. Il se révèle dans la capacité à créer du lien, à apaiser les tensions, à révéler les talents.
Alors, quelle première action allez-vous expérimenter avec votre équipe ? 

💡En savoir plus :
Cet article a été inspiré par une version écrite et publiée dans le livre  expressément pour le livre de l’association Yeeso qui promeut l’avenir de l’IT avec les femmes.
Découvrir le livre : L’avenir de l’IT avec les femmes –  Houleymatou Baldé

QUI SUIS-JE ?

Manager agile, experte des transformations numériques et d’entreprise, j’interviens régulièrement en accompagnement de personnes, d’équipes et d’organisations.

J’ai la conviction que provoquer et mettre en œuvre le changement est souvent la solution pour atteindre un objectif ou gérer une problématique complexe.

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